Date et horaire

mardi de 15h45 à 17h00

Salle

COO2

Animé par

Nathalie Barbery, coordonnatrice CLEMI, académie de Dijon
Guillaume Lion, délégué académique au numérique, académie de Dijon

Descriptif

L’EMI (éducation aux médias et à l’information), actions éducatives et formation, dans le cadre de la réforme et de la grande mobilisation pour l’école et son lien avec la citoyenneté

  • Retour sur l’EMI, définition, l’EMI dans les programmes, les compétences des élèves
  • Les actions éducatives et les formations proposées par le CLEMI Dijon, le concours de blog et les formations associées proposées par la DANE/rectorat de Dijon

Détail

L’éducation aux médias et à l’information (EMI) et la citoyenneté : quels liens ?

L’EMI, dans le système éducatif français, prend sa source d’une part dans l’éducation aux médias, animée notamment par le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information), et d’autre part, dans la culture de l’information, de l’éducation à l’information, portées dans les établissements par les professeurs documentalistes. Pour Michel Reverchon-Billot[1], IGEN EVS, une troisième dimension est nécessaire : celle de la connaissance de l’informatique, de la compréhension du fonctionnement des systèmes informatiques. Pour lui l’EMI : « Ce n’est pas les médias ou l’information ou l’informatique ; c’est les médias et l’information et l’informatique ».

La grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République et le parcours citoyen ont précisé la définition de l’EMI et sa finalité : « l’éducation aux médias et à l’information est un enseignement intégré de manière transversale dans les différentes disciplines. Il doit apprendre aux élèves à lire et à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique et à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie »[2].

Objectifs auxquels nombreux sont ceux qui ajoutent la production et la diffusion/publication par les élèves eux-mêmes, notamment en lien avec les pratiques des réseaux sociaux.

L’EMI est donc un enjeu citoyen : elle vise en effet à apprendre à rechercher, à comprendre voire à produire et à diffuser l’information, à mieux comprendre le monde, à acquérir un esprit critique, « une forme de culture du discernement indispensable pour exercer une citoyenneté éclairée dans un monde démocratique »[3] et dans une société de l’information et de la communication.

L’EMI dans le socle et les nouveaux programmes : un ancrage renforcé.

La place de l’EMI à l’École n’est pas nouvelle : ce n’est pas une réaction immédiate aux événements tragiques de janvier et de novembre 2015. Pour autant, sa place a été renforcée dans le socle commun de connaissances, de compétences et de culture comme dans les nouveaux programmes.

C’est, au préalable, la loi de refondation de l’École qui a affirmé la nécessité de l’EMI, par exemple dans l’article 53 : « La formation dispensée à tous les élèves de collège comprend obligatoirement une éducation aux médias et à l’information ».

Les connaissances et les compétences liées à l’EMI sont présentes dans les 5 domaines du socle commun entré en vigueur à la rentrée 2016. Le domaine 2 (Les méthodes et les outils pour apprendre) affirme fortement cet enjeu en évoquant aussi bien les « Médias, démarche de recherche et de traitement de l’information » que les « Outils numériques pour échanger et communiquer ».

Deux exemples précis peuvent illustrer concrètement les apprentissages nécessaires et obligatoires des élèves :

  • L’élève sait utiliser de façon réfléchie des moteurs de recherche, notamment sur Internet.
  • Il sait mobiliser différents outils numériques pour créer des documents intégrant divers médias et les publier ou les transmettre. L’élève utilise des espaces collaboratifs. Il apprend à communiquer notamment par le biais des réseaux sociaux dans le respect de soi et des autres.

Dans la lignée de ce socle commun, l’EMI est évidemment bien présente dans les nouveaux programmes, en particulier au cycle 4.

Dès le cycle 2, l’élève doit apprendre à extraire d’un texte ou d’une source documentaire une information qui répond à un besoin, à une question comme découvrir des outils numériques pour dessiner, communiquer, rechercher et restituer des informations simples. Au cycle 3, ces objectifs sont enrichis et complexifiés :

  • Apprentissage explicite de la mise en relation des informations dans le cas de documents associant plusieurs supports ou de documents avec des liens hypertextes
  • S’informer dans un monde numérique (trouver, sélectionner et exploiter des informations dans une ressource numérique ; identifier la ressource numérique utilisée).

Au cycle 4, l’EMI est bien présente dans toutes les disciplines (comme dans les enseignements pratiques interdisciplinaires), mais elle fait aussi l’objet d’un paragraphe spécifique, qui précise les objectifs des élèves à travers quatre compétences : utiliser les médias et les informations de manière autonome, exploiter l’information de manière raisonnée, utiliser les médias de manière responsable, produire, communiquer, partager des informations.

Le CLEMI au service de l’EMI

Le Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information est un organisme du ministère de l’éducation nationale, créé en 1983, chargé spécifiquement de l’EMI dans le système éducatif français. Dans ce but, le CLEMI propose des ressources, des formations ainsi que des actions éducatives telles que la semaine de la presse et des médias à l’école (20-25 mars 2017 pour la 28e édition[4]).

Le CLEMI soutient et encourage ainsi l’existence des médias scolaires, support de nombreux apprentissages : maîtrise de la langue, création, travail d’équipe, liberté d’expression, respect des lois, découverte d’un univers professionnel. Le CLEMI facilite les rencontres avec les professionnels de l’information et des intervenants issus de la presse, notamment locale. Ces médias scolaires prennent souvent la forme d’un journal papier, quand d’autres se lancent dans la publication en ligne ou dans une web radio.

Des projets spécifiques sont portés par le CLEMI Dijon : notamment les classes presse qui permettent, en relation avec des médias locaux, de découvrir la pluralité de presse et la rédaction d’articles de presse basés sur des reportages et des interviews.

Le CLEMI Dijon est impliqué dans le partenariat tripartite Mlf – académie de Dijon – Canopé. Il peut donc intervenir en appui à un projet pédagogique spécifique comme au lycée Pierre Deschamps à Alicante en 2014/15.

Blogue ton école : une action éducative et des formations autour de l’EMI, proposées par la DANE de Dijon.

En janvier 2015, onze mesures sont annoncées pour la grande mobilisation de l’École de la République, notamment la création d’un nouveau parcours éducatif de l’école élémentaire à la terminale : le parcours citoyen (mesure 3), construit notamment autour de l’EMI et des enjeux du numérique. Parmi les propositions, un engagement – « Le ministère veillera à ce qu‘un média – radio, journal, blog ou plateforme collaborative en ligne – soit développé dans chaque collège et dans chaque lycée. »  – est à l’origine d’une action éducative portée par la délégation au numérique éducatif (DANE) de Dijon : un concours de blogs scolaires, « Blogue ton école – ton collège – ton lycée ». Il s’agit d’un concours fondé sur la publication en ligne (sur des blogs) pour amener les élèves à produire une réflexion sur l’EMI, dans le cadre d’une pédagogie de projet et d’un travail en équipe.

Ce projet associe la DSI du rectorat de Dijon à travers la mise en œuvre d’une plateforme académique d’hébergement de blogs. Un blog dédié permet d’animer le concours, d’apporter des témoignages d’experts divers, de valoriser les productions. Enfin, des formations sont associées à cette action : formation à la pédagogie de projet, à la veille et d’une façon générale formations à l’EMI. Ce concours est ouvert aux établissements de la Mlf, engagés ou non dans un partenariat avec une école ou un établissement de l’académie de Dijon.

 

Actions du CLEMI, concours porté par la DANE de Dijon, autant de possibles, parmi d’autres, pour mettre en œuvre l’EMI, pour placer les élèves en situation d’activité de production, de réflexion et de travail collectif : en effet, l’EMI comme l’apprentissage de la citoyenneté nécessitent de rendre acteurs nos élèves.

[su_document url= »http://congres.mlfmonde.org/casablanca2016/wp-content/uploads/2016/04/EMI-citoyenneté_CLEMI_MLF-2016_v2.pptx » width= »420″ height= »740″]

Ressources

 

[1] Intervention en 5 questions de Michel Reverchon-Billot, retranscription d’une intervention à Bordeaux, septembre 2016

[2] http://www.education.gouv.fr/cid85644/onze-mesures-pour-un-grande-mobilisation-de-l-ecole-pour-les-valeurs-de-la-republique.html

[3] Michel Reverchon-Billot, idem.

[4] La semaine de la presse et des médias dans l’école sur le site du CLEMI


Barbery_Nathalie_webCoordonnatrice du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (CLEMI) de l’académie de Dijon depuis novembre 2015, responsable de formation au CLEMI Dijon de 1996 à 2015, Nathalie Barbery est également en charge de la mise en place et de la promotion de l’Education aux médias et à l’information (EMI) dans l’académie.
Elle est professeur de sciences économiques et sociales et responsable de la section européenne au Lycée Léon Blum du Creusot, en charge de la discipline non linguistique (SES/anglais).
Formatrice à l’ESPE et vacataire universitaire.

Lion_Guillaume_webProfesseur agrégé d’histoire, enseignant en collège et en lycée, Guillaume Lion a également été formateur à l’IUFM du Pacifique. IA-IPR d’histoire-géographie depuis 2008, il est actuellement délégué académique au numérique (DAN) dans l’académie de Dijon.

 

7 860 Response Comments