Comité de pilotage du 10 novembre 2015

[su_box title= »Présents » box_color= »#14749F »]Philippe Aldon, Directeur délégué aux affaires Internationales et européennes – CNED, Catherine Becchetti-Bizot, Inspectrice générale de l’Education nationale, chargée de mission – MENESR, Roland Biache, délégué général – Solidarité laïque, Jean-Claude Chapu, adjoint au Directeur de l’ESENESR, Marie-Christine Clément Bonhomme, Directrice – Direction du développement international – CANOPE, Damien Durand, chef du service pédagogique – AEFE, Stéphane Foin, Directeur adjoint CIEP, Lionnel Jeanneret, IA-IPR EVS académie de Dijon, Lydie Khoudja, rédactrice et correspondante avec la Mlf-DGM (MAEDI), François Neuville, DAREIC – académie de Paris, Hubert Oudin, IA-IPR honoraire – correspondant pour l’académie de Reims des actions Mlf-Reims, François Perret, secrétaire général adjoint – Bureau Mlf, Thérèse Pujolle, administratrice, instances Mlf, Anna-Livia Susini, chef du département Europe et International (DEI) DGESCO, Alice Tawil, responsable Pays Maroc – Solidarité laïque, Eric Tosatti, chef de pôle de l’enseignement français et de l’enseignement bilingue auprès de la mission de langue française et de l’éducation – DGM (MAEDI), Claude Valtat, IPR économie-gestion – correspondante pour l’académie de Dijon des actions Mlf-Dijon.[/su_box] [su_box title= »Siège Mlf » box_color= »#14749F »] Jean-Christophe Deberre, Directeur général, Michel Bur, adjoint au Directeur général, Danielle Petit, adjointe au Directeur général, Laurent Batut, chargé de mission, Jacky Morelet, chargé de mission, Dominique Collado, chargée de mission (excusée), Aude Buclon, chargée de communication (excusée), Julie Itchah, assistante de direction et Léa Attar, chargée de l’événementiel.[/su_box]

 

La Mission laïque française remercie les membres du comité de pilotage pour leur mobilisation et leur soutien à la préparation du congrès annuel. Cet engagement nous le voulons collectif pour traiter d’un sujet sensible dans le contexte national et international, et pour lequel la responsabilité de la Mlf, seule, ne suffirait pas.

 

Un thème sensible, politique, sur lequel la responsabilité de l’école est engagée

En France : un enseignement nécessaire, prescrit par l’État souverain, mais discontinu dans son application

Malgré l’engagement historique de l’État et du ministère de l’Éducation Nationale pour que l’école de la République soit exemplaire en matière d’enseignement de la citoyenneté, cet enseignement reste en France à la discrétion des établissements. Ainsi, l’affichage de la charte de la laïcité est loin d’être généralisé et encore moins « performatif ». En outre, l’essentiel des mesures qui entrent progressivement en vigueur sur l’éducation à la citoyenneté concerne les « valeurs de la République ». Parce que l’enseignement moral et civique (EMC) est conçu et établi pour et dans un contexte strictement national, se pose dès lors la question d’une adaptation à l’usage de l’enseignement français à l’étranger (EFE) qui ne soit pas une « trahison » de l’intention et de l’esprit de cette partie du programme.

Pour la Mlf, cette éducation à la citoyenneté ne pourra être ni un copier-coller comme en France ni un angle mort de notre pilotage. La question de notre légitimité à intervenir sur les conditions d’éducation à la citoyenneté dans les établissements français à l’étranger doit être posée, alors que plus de 60% des élèves ne sont pas de nationalité française (plus de 90% dans de nombreux établissements) ?

Sur cette partie de notre enseignement, des risques de contentieux existent avec des Etats, avec des personnes qui pourraient y marquer leur désaccord. Il faut d’ailleurs constater que les pouvoirs publics nationaux manifestent de nouvelles exigences institutionnelles « nationales » fortes. Par conséquent, il y peut y avoir un risque d’occultation, ou d’altération voire de perte du sens du message français. Il semble nécessaire de tenter de parvenir à une définition commune qui se conjugue à une stratégie de déclinaison en fonction des contextes locaux.

Contexte de l’étranger : mission d’instruction, mission d’éducation ; la citoyenneté, un concept variable ; l’école image de la société

La question centrale qui est posée à l’EFE est celle de l’explicitation et de l’adaptation d’un certain nombre de nos valeurs dont il doit contribuer à la transmission. La France exprime sur le sujet une volonté nationale ancrée dans son histoire ; mais elle est aussi partie prenante de la genèse et donc du corpus des organisations internationales (ONU, UE) sur le sujet : d’un côté, la laïcité, qui constitue depuis plus d’un siècle l’un des principes fondateurs de l’organisation de notre société, la rend profondément singulière et certainement inacceptable parce qu’inconcevable pour certaines des sociétés partenaires de la France ; de l’autre, notre pays prétend aussi à l’universel, il est aux avant-postes pour sa promotion. Quel équilibre est celui de l’enseignement français, et selon quelle liberté, quelle marge de manœuvre peut-on parler d’innovation et d’hybridation sur ce thème sensible ?

Tout ce qui pourra permettre de décloisonner la vision du réseau français à l’étranger va dans le sens de ce que souhaite le ministre des Affaires étrangères et du développement international. Pour lui, ce qui se passe sur le territoire français ne doit pas être dissocié de ce qui se passe localement dans nos implantations à l’étranger. L’inverse est aussi vrai, c’est la raison pour laquelle désormais des conseillers diplomatiques seront nommés auprès des préfets de région. Il faut tenir compte des droits et usages du pays d’accueil pour comprendre la question de l’adaptation. Il nous faut rappeler avec force que nos établissements scolaires français ne jouissent d’aucune extraterritorialité. Comment ressaisir l’enseignement de la citoyenneté de telle sorte que cette ambiguïté fondamentale de l’EFE le rende possible ?

Le congrès doit permettre de clarifier un point crucial : il est bien question d’un apprentissage à la citoyenneté, d’une initiation, il ne s’agit en aucun cas d’instaurer une « démocratie scolaire », terme impropre qui ne reflète pas la réalité de la vie de l’institution. Il existe d’ailleurs bien trop souvent un écart entre les textes et leur esprit, et les réalisations concrètes. Par exemple, la présence et le rôle réel des foyers socio-éducatifs sont encore à prouver.

Solidarité laïque salue une approche empreinte d’humilité sur cette question brûlante. Le monde associatif peut être le cadre de l’épanouissement de projets « citoyens ». La citoyenneté et la démocratie ne peuvent pas être présentes que dans les textes, ces principes doivent s’incarner et s’enraciner dans des pratiques. C’est bien cela qui fait défaut, en France, mais aussi certainement à l’étranger. Il convient de développer ainsi l’idée que l’élève doit être un acteur de cette éducation à la citoyenneté. L’engagement associatif des élèves est une réponse possible. L’école est un lieu qui a vocation à apprendre la démocratie.

La question de la citoyenneté et de son enseignement est récente. Ce terme est trop souvent utilisé par analogie au terme anglo-saxon (citizenship). Au niveau international il existe une réelle difficulté pour s’entendre sur les termes. Les établissements à l’étranger doivent travailler avec des personnes extérieures à l’école notamment pour le point de vue juridique. Il est nécessaire de communiquer sur des notions claires et simples. C’est la condition indispensable afin de mieux les transmettre et de donner aux professeurs des éléments de réflexion et de positionnement. L’école n’est pas une démocratie, c’est le lieu de son apprentissage. Le lien entre l’EMC et la transdisciplinarité va être compliqué, le regard des parents, personnes privées, appellera la plus grande attention. Au fond, « la démocratie lycéenne » ne fait pas de l’école une « démocratie », il s’agit bien plus d’un apprentissage de la représentation, de la contradiction et des limites de la liberté. Le développement d’une « presse lycéenne » peut et doit devenir un outil au service d’un véritable parcours citoyen qui doit absolument être en prise avec la réalité des élèves.


 

L’école de la France dans le monde

Le message scolaire entre souverainetés nationales et universalisme

Les établissements français à l’étranger sont confrontés à un défi qui ne doit pas être un dilemme : comment articuler, voire concilier les exigences d’une citoyenneté nationale et les éléments naissants d’une citoyenneté universelle ? Nous sommes confrontés à la diversité des situations nationales qui nous obligent à penser le contexte local, administratif, juridique, politique, qui s’impose à nous. L’affirmation des souverainetés, voire le réveil des « patriotismes » a pour conséquence qu’aucune nationalité ne souhaite se dissoudre dans un modèle « hors sol » et « hors temps », dans un parcours scolaire qui semblerait nier ou ignorer les spécificités de son pays d’accueil ou de ses élèves. L’adhésion des pays aux instances internationales est à géométrie variable ; les systèmes scolaires sont souverains. Même dans l’UE les rapprochements sont lents et timides, et même si des événements tragiques comme ceux qu’a connus cette année la France peuvent faire progresser la réflexion.

Existe-il donc un possible dénominateur commun entre le national et l’universel ? L’école française n’est pas une école internationale comme les autres au sens où elle-même a une histoire liée à celle du pays émetteur, liée à la volonté de porter un message universaliste, aujourd’hui affiché comme facteur d’« influence ». La laïcité, l’un des principes fondateurs de la citoyenneté française moderne et très souvent invoqué comme la condition de l’édifice national, n’est pas le levier le plus commode pour ouvrir à l’école française partout la légitimité de définir un enseignement de la citoyenneté : doit-elle la relativiser comme un cas de figure particulier, sans l’occulter quand on est à l’extérieur, et comment ?

L’école, bien public ou bien privé : la question du contrat avec les parents

Quelle place doit être celles des parents, quelle contribution, quels engagements concrets attend-on d’eux ? Cette question s’adresse à tous les établissements scolaires en France ou à l’étranger ; dans le premier cas, l’école s’impose à eux ainsi que les lois de la République qui la portent ; tel n’est pas le cas hors de l’Hexagone, où les parents sont entièrement libres de leur choix, et d’abord à la recherche de l’efficacité et de la réussite de leurs enfants. La morale et l’éthique sont des éléments de cette réussite pour nombre d’entre eux mais pas pour tous. Pour la Mlf, liée à l’Etat, mais qui reste une association et dont la représentation et pour les familles et pour les personnels est souvent moins claire, la question est d’une part de savoir ce que l’Etat veut exactement pour l’EFE concernant l’enseignement moral et civique, et d’autre part ce qu’elle peut et doit imposer pour respecter les valeurs qui l’ont historiquement fondée et ce qui relève de sa sauvegarde et des intérêts de son propre développement. A ce titre, les parents ne se sentent pas assez liés à la charte de la Mlf qui n’est pas un contrat. Il existe donc pour la Mlf comme pour l’EFE un enjeu fort dans la clarification de ses relations avec les parents et en particulier sur ce sujet.

 L’établissement, entité de coopération, entre le local et l’universel

Utilité du projet

La question de la citoyenneté ne peut être traitée que par un cheminement collectif au travers du projet de l’établissement. La création d’une véritable dynamique est d’autant plus vitale pour l’EFE qu’il est difficile, voire impossible, à l’étranger de proposer ou d’imposer un contenu pédagogique d’une telle importance, qui engage la question de l’identité.

La Mlf, entité de coopération militante au service d’un projet éducatif qui pose les fondements d’une morale…

François Perret soulève la question de l’identité particulière de la Mission laïque : par son histoire et la liberté que lui procure son statut associatif, elle a justement pour mission de donner une résonance particulière à l’éducation à la citoyenneté dans ses établissements. Il s’agit majoritairement d’une école française pour les étrangers. La vocation de la Mlf aujourd’hui est de s’affirmer comme une institution de coopération éducative, ce qui ne veut pas dire que l’on doive introduire l’ensemble des contraintes des environnements particuliers à chaque établissement. Partant de cela, la notion de contenu d’un EMC en soi n’a pas grand sens dans ces établissements. Car il est central de mettre d’abord l’accent sur un certain nombre de principes qui rendent une éducation « à la française » possible à l’étranger : l’école française apprend à penser, elle permet à l’élève de faire la distinction entre croire et savoir. Il faut donc identifier les principes qui rendent une instruction possible et qui sont au fondement de toute morale et qui permettent de différencier savoir et croyance. Il s’agit d’un véritable retour aux sources.

Le grand intérêt du sujet choisi pour le congrès 2016 est qu’il amène donc la Mlf à repenser une partie de ses missions. Au fond il a un caractère politique et pas uniquement pédagogique. Former des citoyens du monde, quelle en est la définition ? L’apprentissage de la laïcité au sens large doit partir d’abord de la compréhension profonde des mécanismes intellectuels quand on apprend.

 …en déjouant les écueils : cosmopolitisme, élitisme

Confrontés au réveil des souverainetés partout dans le monde, suite notamment aux soubresauts politiques qui affectent la zone historique de l’activité de la Mlf – le monde arabo-musulman, nos établissements peuvent être accusés de scolariser une élite cosmopolite, donc coupée de ses racines. Les réveils nationaux mettent en accusation un type d’éducation international hors-sol, ils nous interrogent sur la véritable mixité sociale et sur notre projet éducatif. Le Maroc constitue un cas d’espèce emblématique puisque jusqu’au parlement, certaines fractions de l’échiquier politique s’interrogent très officiellement et assez régulièrement sur les contenus diffusés par les établissements français installés sur le sol national. La France n’est plus considérée comme attractive sans discussion et elle est questionnée sur ses intentions. Il nous appartient, au travers de la question de l’enseignement moral et civique, d’évaluer la capacité de notre enseignement à garder un lien durable avec ces pays. Sur ce sujet, le MAEDI indique qu’une partie de la réponse se trouve dans un travail approfondi de coopération avec les ministères nationaux de l’éducation. La valorisation de nos sections internationales peut constituer un outil puissant, comme au Maroc par exemple.

La France ne se trouve plus dans la posture d’un centre s’adressant à une périphérie en affirmant ses valeurs nationales, à portée universelle. Cette situation nouvelle remet en cause notre identité scolaire mais aussi le rôle de notre école. A cet égard, le CNED est l’institution chargée d’apporter une réponse, en France, à ceux qui souhaitent échapper à certaines contraintes de l’enseignement en présence. Il s’adresse, en particulier, aux élèves qui refusent les contraintes de la laïcité. Il est confronté à la difficulté de l’inclusion et de la diffusion des valeurs de l’école de la République.

La question posée par la Mlf, c’est en fait celle que se pose l’école française dans un monde devenu international. Il faut définir ce qui fait « humanité » commune. L’école française est placée devant le défi de l’inclusion sans reniement.

C’est aussi celui de la mixité sociale. Elle doit être prise en compte dans l’EMC. Cette dimension fait écho au désarroi des équipes pédagogiques de l’académie de Paris, confrontées aux conséquences des attentats de janvier dans le contexte, parfois, d’absence de mixité sociale justement. Le constat est dressé que nos enseignants doivent eux-mêmes être mieux armés et donc mieux formés pour sortir des approches par trop dogmatiques. Notre enseignement « à la française » est malgré tout attendu en raison de son approche rigoureuse des évolutions politiques et sociales de notre monde.


Numérique et citoyenneté

L’utilisation des technologies numériques est un facteur d’ouverture mais aussi d’autonomisation des élèves. Elle vient en complément et en soutien des actions menées. Les TICE viennent ainsi renforcer le rôle actif et créatif des élèves. Elles peuvent développer leur engagement associatif. D’autre part il est crucial que l’éducation aux médias et à l’information (EMI) soit un des piliers de cette éducation à la citoyenneté. L’EMC sera, en tout état de cause, au cœur de l’acte III du numérique à la Mlf. Tous les établissements Mlf doivent développer l’usage d’un média numérique par les élèves (webradio, blog, presse…).

Le numérique permet de remettre en cause l’idée d’une école « sanctuaire », lieu fermé. Elle devient pleinement un lieu ouvert pour penser le monde tel qu’il est. Elle devient un espace virtuel inclusif qui convoque le monde entier dans les apprentissages. Elle devient le lieu de l’apprentissage du global, de l’universel et de la conscience morale. La citoyenneté se construit avec les partenaires des autres pays, c’est une notion dynamique. Elle doit s’épanouir dans un monde ouvert malgré l’isolement de certaines implantations géographiques. L’élève-acteur produit, crée et s’interroge, en réseau. Il développe sa capacité collaborative. Il est confronté à des altérités multiples au travers des liens numériques.

L’expérience inclusive du CNED et sa nécessaire adaptation pour remplir ses obligations réglementaires seront des éléments précieux de réflexion.


Nécessité d’un enseignement de la citoyenneté mais lequel ?

Les chefs d’établissement font remonter à la direction de la Mlf la satisfaction et même le soulagement de la voir se saisir du sujet car ils ne se sentent encadrés par rien ni personne. Ils sont de plus en plus conscients que les conditions d’accueil ne sont plus les mêmes et qu’on entre dans un espace d’incertitude voire d’opposition pour un enseignement porteur d’un message citoyen. Si le message citoyen est devenu un enjeu à traiter, il sera nécessaire de procéder à un rapide renforcement du contrat initial avec les nouveaux entrants (élèves, parents, personnels) et se mettre d’accord sur son contenu.

Liée à la question des contenus de cette éducation à la citoyenneté, se pose celle de l’évaluation et de ses modalités, et ce en particulier pour les établissements d’enseignement français à l’étranger. Pour rappel, les textes prévoient l’évaluation de l’EMC pour l’obtention du DNB. D’autre part, l’EMC est partie intégrante du domaine 3 du nouveau socle. Les parcours éducatifs et culturels peuvent aussi aborder ces questions (Lionel Jeanneret). Faudra-t-il penser à un mode d’évaluation particulier pour l’EFE ?

Il devient nécessaire d’approfondir la notion double d’instruction et d’éducation et de recentrer la question sur l’espace scolaire, en prenant garde d’être sensible, non pas aux sociétés, mais aux pressions des contextes familiaux car l’instruction exerce d’abord à la liberté de jugement et de conscience. Aucune concession ne peut être acceptée sur ce point. L’égalité entre filles et garçons doit être absolument garantie comme un principe fondateur de notre école. Certaines « lignes rouges » ne peuvent être franchies et les sociétés civiles doivent être tenues à une certaine distance.

L’ensemble de cette problématique est étroitement lié aux formations initiale et continue des enseignants. La communauté enseignante a la responsabilité de cet enseignement mais n’a pas projeté l’éducation à la citoyenneté dans la réalité.

Plusieurs thèmes relatifs à la formation d’une conscience citoyenne universelle s’imposent, en résonance avec les urgences de l’agenda international, telles celles liées à l’environnement et au changement climatique. Par ailleurs, la mise en place des CVL entre dans la dynamique de cette éducation à la citoyenneté. La coopération entre l’académie de Paris et les établissements espagnols, italiens et libanais de la Mlf en constitue un parfait exemple de réussite qui pourra trouver des développements nouveaux durant le congrès.

L’appariement entre établissements sur des projets concrets est une des manières de faire vivre un projet citoyen au sein des établissements. La plateforme eTwinning favorise de tels projets, de telles interactions entre élèves de culture et de langue différentes.

Pour la Mlf, la séparation très française entre scolaire et vie scolaire devient de moins en moins praticable ou acceptable. Dans nos établissements, la continuité scolaire est la règle de la maternelle à la terminale. Elle offre les conditions de définition et de construction d’un projet citoyen fondé sur une culture, une pédagogie, des comportements intégrés et conduits par une équipe qui doit y démontrer son implication en faisant tomber les barrières des disciplines, des fonctions. Cette organisation exige un projet, une définition des responsabilités, un programme et son suivi par classe d’âge. C’est la seule qui permette de construire sur le sujet des savoirs et de les projeter dès l’école dans des savoir-être.

L’éducation à la citoyenneté dépasse et transcende l’évaluation formelle. Il conviendrait d’inscrire un volet éducation à la citoyenneté dans le projet d’établissement. C’est un sujet ambitieux et difficile qui doit impliquer l’ensemble de la communauté éducative et qui inscrit nécessairement dans un contexte (local), contexte dans lequel s’inscrivent les familles. Ces dernières sont porteuses d’attentes fortes parfois incompatibles avec les valeurs de l’école française. Le congrès ne doit pas seulement être l’occasion d’un échange autour des concepts ou des actions possibles à mettre en œuvre mais aussi penser ou réfléchir à un projet globalement préoccupé d’éducation à la citoyenneté. En tenant compte des contextes locaux il doit être l’occasion de faire un état des lieux.

L’éducation à la citoyenneté ne doit pas seulement être un « volet » mais un axe de chaque projet constitutif du projet de l’établissement. Cette transversalité est essentielle à la réussite de l’éducation à la citoyenneté. Elle ne doit donc évidemment pas être à la fois l’apanage et donc le fardeau des seuls enseignants d’histoire-géographie, ou même de ceux de SES.

C’est bien dans cet état d’esprit que s’inscrit la démarche de la Mlf. Les établissements sont déjà actifs dans ce domaine. Ils recherchent une boussole par rapport aux instructions françaises. Le congrès doit partir du terrain, s’appuyer sur de vraies études documentées avec le concours du CIEP, prendre en considération les exemples nationaux et supranationaux, dont les préconisations de l’UNESCO, et du modèle du Baccalauréat international (BI).

 

 

 

 

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